Saint-Bernard : le bois rasé pour du parking privé

2 500 mètres carrés ! Ce sera la surface du nouveau parking de la société MXM Neurelec, construit sur de la forêt classée. C’est du moins ce que propose la majorité. Sans ce nouveau parking, la société florissante, fleuron des prothèses auditives, dit envisager la délocalisation, ce qui représenterait une perte de 300 emplois pour la ville.

Une enquête publique est en cours, et vous avez jusqu’à vendredi pour donner votre avis sur ce projet, en mairie de Vallauris (un registre est prévu à cet effet au service urbanisme).

Nous avons relevé les nombreuses réserves des personnes compétentes (préfet, architecte des bâtiments de France, paysagiste, DDTM) et réclamé une réflexion globale sur le stationnement et les déplacements chemin de Saint-Bernard (ci-dessous), en parfaite résonance avec la carte interactive que nous avons publié récemment.

Monsieur le Commissaire-enquêteur,

Nous tenons à attirer votre attention sur les extraits suivants du compte-rendu de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites.

1/ Sur la consommation d’espace naturel

Le rapporteur (chef du service territorial ouest) : « préoccupation de monsieur le préfet vis-à-vis de la consommation d’espace naturel ».

« Monsieur Clayrac, paysagiste, constate que le resserrement des espaces boisés rompt la continuité végétale et fragilise le milieu ».

Monsieur Castel (DDTM) « exprime la volonté du préfet de renforcer l’attractivité de ce pôle, tout en pesant l’utilisation de chaque mètre carré, en le pesant dans le long terme ».

En effet, la suppression de plusieurs milliers de mètres carrés de zone naturelle, qui plus est classée EBC, une des plus hautes protections en droit de l’urbanisme, est loin d’être anodine. D’autant qu’aucune compensation n’est prévue dans ce secteur ou un autre afin de protéger un espace au moins équivalent.

Pour mémoire, le déclassement de 800 mètres carrés de zone naturelle en 2016 (zone du Fournas, 4ème modification du PLU en 2016) n’a jamais été compensée malgré nos demandes répétées et les promesses de la majorité.

La rupture de la continuité végétale apparaît comme une fragilisation extrêmement importante d’une parcelle plus vaste que celle directement impactée par le projet, avec les risques induits d’urbanisation future.

2/ Sur le caractère d’intérêt général du projet

L’aspect économique est évidemment à prendre en compte, et nous ne le mésestimons pas.

En revanche, l’intérêt général d’un projet ne peut pas se mesurer uniquement à l’aune de sa dimension économique de court ou moyen terme, comme cela nous est présenté. Sinon, quelle serait l’utilité d’établir des documents d’urbanisme, si seuls les aléas épisodiques d’entreprises privées décidaient du développement des collectivités ?

3/ Sur le manque de transports en commun

« La desserte en transports en commun est faible : les deux lignes de bus, peu commodes, sont peu utilisées par les salariés de la zone, le covoiturage est peu développé. » (Monsieur le rapporteur).

Peu de transports en commun, pas de covoiturage : le tout-voiture promu par des décisions au coup par coup entre en contradiction avec les objectifs de tous les documents d’urbanisme en vigueur.

4/ Sur le manque de vision globale

« Monsieur l’architecte des bâtiments de France souligne la congestion du secteur et il redoute la multiplication de demandes similaires entrainant une consommation progressive des espaces boisés. (…) Il ajoute qu’il est indispensable d’avoir une vision globale des problématiques de stationnement dans le secteur. »

Avis : « nécessité de disposer d’une vision globale des besoins de stationnement dans l’ensemble de la zone d’activités Saint-Bernard ».

Le PLU demeure le document de référence de l’aménagement territorial d’une ville. Il se doit, par nature, d’être prospectif et généraliste, deux conditions que nous sommes en droit d’interroger dans le cas d’espèce. Dans leurs recommandations, les personnes publiques associées le rappellent à juste titre.

Ainsi, une fois ces éléments soupesés, quel que soit votre avis final, nous proposons que soit amorcée une réflexion globale sur le stationnement et les déplacements chemin de Saint-Bernard. L’adaptation nominative proposée aujourd’hui ne saurait décharger la ville de Vallauris d’entamer la modernisation et l’urgente mutation du secteur Saint-Bernard.

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