Tuilières : les travaux débutent

Tuilières travaux

 

Un riverain nous a avertis que les travaux avaient commencé aujourd’hui.

Le terrain loué par la ville 500 000 € s’apprête à recevoir les gravas du chantier de Leclerc pour une durée de 16 mois : la première pelleteuse est à l’ouvrage.

Mme Salucki a signé la convention avec le terrassier et Leclerc la semaine dernière.

Il n’est pas certain que cette décision soit présentée en conseil municipal ; elle a d’ailleurs fait l’objet d’une procédure sommaire, une simple déclaration en préfecture.

Pourtant, il aurait été particulièrement intéressant d’avoir une discussion de fond sur les orientations politiques prônées par la majorité.

Deux intérêts publics s’opposent dans ce dossier, l’intérêt budgétaire et l’intérêt de préservation du territoire, tous deux légitimes et soumis à l’appréciation des élus.

A court terme, encaisser 500 000 € est bien sûr une chance pour les finances catastrophiques de la ville. Cette option est tout à fait défendable puisque le choix du terrain censé accueillir les gravas semble adéquat (en mauvais état, promis à l’urbanisation ; attention tout de même à ne pas endommager le vallon de la Valmasque), que des mesures de limitation des nuisances ont été prises en concertation avec les riverains (qui subiront tout de même des nuisances) et que la majorité nous a écoutés en signant une convention où le terrassier et Leclerc s’engagent à retirer les gravas à la fin des seize mois (ce qui devrait assurer la ville de la solvabilité des acteurs, donc nous assurer que les gravas seront bien retirés).

Mais sur le long terme, cette décision d’entreposer les gravas aux Tuilières aura d’autres conséquences. Elle permettra au Leclerc de construire beaucoup plus vite et de gagner six mois de chantier, alors que les recours contre l’implantation de l’hypermarché ne seront pas encore jugés. Cette décision ôte ainsi presque toute chance aux vallauriens de ne pas voir cet hypermarché se faire. Nous devrons alors subir irrémédiablement les embouteillages constants sur notre seul accès à Sophia-Antipolis et à l’autoroute, sans impact positif sur l’emploi local et le commerce de proximité. Accepter les gravas aux Tuilières, c’est valider une deuxième fois l’implantation du Leclerc chemin de Saint-Bernard.

Une décision lourde de conséquences quand on sait que le projet Sophipolis vient d’être définitivement validé puisque ni la ville ni le contrôle de légalité n’ont eu le courage de s’y colleter…

De plus, les 500 000 € que nous toucherons cette année ne résoudront en rien les problèmes structurels de nos finances. Cet argent ne nous évitera pas de prendre les décisions politiques fortes nécessaires au redressement durable du budget.

« Gouverner c’est choisir », disait Pierre Mendès-France. Alors que choisissez-vous entre ces deux options légitimes ?

Choix financier à court terme qui valide de fait le Leclerc pour longtemps ?

Ou choix du long terme qui refuse les gravas aux Tuilières pour tout faire afin de préserver la zone Saint-Bernard et l’attractivité de notre territoire, quitte à “perdre”  500 000 € si le Leclerc venait finalement à se faire ?

Vous aurez compris que notre groupe a opté pour la seconde option ; parce que nous avons une vision du devenir de notre commune sur le long terme, aux responsabilités, nous n’aurions pas accepté que les gravas du Leclerc soient entreposés aux Tuilières.

C’est un choix politique, comme accepter les gravas aux Tuilières en est un autre. Deux approches différentes de la défense de l’intérêt général.