Déviation : fin de l’action en justice

Communiqué d’Hélène Romanini, membre de notre groupe :

La Cour Administrative d’Appel de Marseille n’a pas annulé le projet de déviation dont je contestais la légalité devant les tribunaux depuis juin 2011. Le recours a été rejeté. Je ne formerai pas de pourvoi devant le Conseil d’État, dernier échelon juridique de contestation.
 
Cette action en justice a tout de même été utile puisqu’elle a permis un report des travaux qui devaient initialement commencer fin 2011. Certains arguments portés par le groupe Ensemble pour Vallauris Golfe-Juan ont, depuis, été entendus.
 
Mme Salucki a annoncé lors du dernier conseil municipal que les tronçons 2 et 3 n’étaient plus d’actualité : « Aujourd’hui, la déviation dans son centre n’existe plus ». A la place sera réalisé un « projet paysager » car « c’est vraiment un élément majeur de laisser la nature absorber les eaux », un « projet qui est vital pour la relance de Golfe-Juan », toujours selon Mme Salucki. Exactement les arguments portés par le groupe Ensemble pour Vallauris Golfe-Juan depuis plusieurs années.
 
Rappelons que ce projet de déviation n’est, à l’évidence, pas une solution pérenne aux difficultés de circulation de la zone Cannes-Antibes. Sur cette analyse, Mme Salucki semble également acquiescer : elle a reconnu « ne pas être sûre que [ce projet de déviation] ne soit pas un appel d’air » encourageant le trafic automobile.
 
Par ailleurs, les récents dégâts provoqués par les pluies diluviennes du 3 octobre ont été un électrochoc. Les bâtisseurs de notre bon vieux Conseil Départemental, parmi lesquels de nombreux partisans de grands projets inutiles, auront peut-être pris conscience (temporairement ?) que la bétonnisation et la bitumisation de la Côte d’Azur devaient cesser, que la préservation d’espaces naturels et des terres agricoles n’étaient pas une vaine préoccupation.
 
Les événements climatiques exceptionnels vont se multiplier (voir les déclarations récentes de Jean Jouzel) ; une politique urbanistique d’anticipation et d’adaptation du foncier bâti doit être mise en œuvre pour prévenir au maximum les dégâts que causeraient à nouveau de fortes précipitations.
 
Construire une route supplémentaire dans ce contexte est une aberration politique et une prise de risques dangereuse. Il est démontré scientifiquement qu’une urbanisation excessive (la construction d’une route inutile en fait partie) entraîne plus de dégâts matériels lors d’inondations.
 
Tous les responsables politiques du département doivent composer avec cette réalité.

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