Explications sur la fusion-absorption Sémival-Sacéma

La Sémival, qu’es aquò ?

La Société d’Economie Mixte de Vallauris est, comme son nom l’indique, une société d’économie mixte (majoritairement publique avec un peu de privé) qui est pilotée par Vallauris Golfe-Juan afin de créer du logement social sur notre commune. Elle achète, réhabilite puis loue des logements, uniquement dans la vieille ville de Vallauris : 89 logements et 15 locaux commerciaux. C’est très peu comparativement aux besoins de la ville, mais dans un secteur stratégique. Peu de villes ont la chance de posséder un tel outil pour créer du logement social (sans forcément construire des immeubles neufs).

Quel est le problème avec la Sémival ?

Elle connaît de graves problèmes de viabilité économique. La loi et les subventions sur le logement social changent régulièrement, les petites structures ont du mal à s’adapter, d’autant que le parc de la Sémival est jeune (9 ans en moyenne) et que l’endettement court sur une très longue période. La ville serait donc obligée de participer financièrement pour la sauver. Mais pour qu’elle soit pérenne, elle devrait grossir énormément, ce qui semble très difficile.

Comment régler le problème ?

Soit la ville finance massivement et régulièrement la Sémival (cher et peu efficient). Soit on supprime la Sémival en cédant les appartements à des bailleurs privés (on perd toute possibilité d’agir politiquement sur le territoire). Soit on fait grossir énormément la Sémival (très cher et sans garantie de résultat). Soit on se rapproche de la Sacéma, structure antiboise du même acabit bien plus grosse et en bien meilleure santé financière. C’est ce choix qui a été retenu.

La fusion Sémival-Sacéma

La Sacéma n’y a aucun intérêt, Antibes non plus. C’est un choix politique, partant du principe que pour la que la CASA aille bien il faut que Vallauris Golfe-Juan aille bien. On vient au secours de Vallauris Golfe-Juan, dans l’intérêt de la CASA. Et la Sacéma se transforme de société antiboise à société CASA, qui a vocation à agir dans toutes les villes de la CASA : son nouveau nom sera Sophia-Antipolis Habitat. La politique habitat est déjà gérée par la CASA et ses services depuis plus de dix ans. Tous les employés de la Sémival sont maintenus et transférés à la Sacéma.

Le point de vue EVGJ

La Sémival a été un outil précieux qui a été gâché par les différentes majorités :

  • utilisée comme un moyen de capter des aides pour réhabiliter le Damier plutôt que comme un moyen de mener une véritable politique de l’Habitat ;
  • le projet Ilôt Elena a considérablement affaibli la Sémival, même si elle était condamnée à moyen terme.

Dans ces conditions, il parait impossible de conserver la Sémival en l’état. La solution retenue semble être la plus à même de mener une politique de l’Habitat cohérente, d’autant que la ville garde la main sur l’operation de rénovation du Damier (OPAH RU). Rien ne changerait pour la commission d’attribution des logements : les habitants de la ville seront très majoritairement les bénéficiaires de ces logements. Comme toujours, les dispositifs ne sont rien si les élus ne s’en saisissent pas. Aux élus vallauriens de porter une vision et une parole sur le logement, ce qui n’est pour l’instant pas le cas.

Surtout, ce dossier qui devrait être consensuel (voté à l’unanimité du conseil municipal) pâtit du fait que les élus ont mis la charrue avant les bœufs (fusionner sans changer le nom, faire voter les conseils municipaux antibois et CASA avant Vallauris, etc.) et qu’ils n’ont pas pris la peine de communiquer.

Lire l’article de Nice-Matin consacré à la question lors du Conseil Municipal du 13/10/2017