Les gravas du Leclerc aux Tuilières ?

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Le chantier du Leclerc chemin de Saint-Bernard est arrêté car la société de terrassement a déserté face à la difficulté des travaux.

Pour rattraper le retard de chantier induit et construire l’hypermarché contesté avant que le recours déposé par l’ADEGV contre ce projet ne soit jugé (et ainsi éviter son blocage par la justice), Leclerc cherche tous les moyens d’accélérer la cadence.

 

Leclerc a donc proposé à la ville d’utiliser 8 000 mètres carrés du terrain des Tuilières pendant 16 mois pour stocker et cribler les gravas, c’est-à-dire trier les cailloux suivant leurs tailles.

 

L’avantage ? 500 000 € pour les caisses de la ville qui en ont le plus grand besoin.

Peut-être aussi le fait de circuler un peu mieux sur Saint-Bernard pendant le chantier en évitant les 50 camions par jour prévus, auxquels il faut ajouter les camions du lotissement en construction en face du Puissanton… sans imaginer ce que pourrait devenir la situation si le projet Sophipolis venait à reprendre ! En même temps, quand le Leclerc drainera 4 000 véhicules par jour sur Saint-Bernard, on les regrettera nos 50 misérables camions…

 

Les inconvénients ? Permettre au Leclerc de construire plus vite alors que les recours ne sont pas jugés, prendre le risque que Leclerc n’évacue pas les gravas à la fin des 16 mois écoulés et créer des nuisances pour les riverains des Tuilières : 40 camions par jour, du bruit (surtout pendant les 4 mois de criblage), de la poussière.

 

Une réunion de quartier a été organisée par la ville le 10 juin, en présence de l’entrepreneur et des élus d’oppositions : une initiative que nous saluons, transparente, où la discussion a été franche et instructive.

 

Il apparaît que les riverains sont vent debout contre cette possibilité. Ils ne veulent pas des nuisances et craignent que le stockage prévu pour 16 mois ne s’éternise.

 

La ville et l’entrepreneur ont énoncé toutes les mesures envisagées pour limiter les nuisances : réfection de la chaussée, camions ne dépassant pas les 20 km/h, arrêt des travaux à 17H30, merlons de 8 mètres de haut pour lutter contre les nuisances sonores, canons à eau pour éviter la poussière, etc.

Mais les riverains, échaudés par les promesses non-tenues les années passées et par l’implantation de la déchetterie et de l’aire d’accueil des gens du voyage dans leur quartier, ne font plus confiance aux élus quels qu’ils soient. Cette cassure fait que, au-delà des opinions de chacun, il s’avère de plus en plus difficile de discuter de l’intérêt général.

 

Quoi qu’il en soit, nous avons fait valoir que si la municipalité décidait de louer le terrain des Tuilières, il nous semblait primordial que la convention signée soit tripartite, c’est-à-dire qu’elle engage l’entrepreneur et Leclerc, pour que la ville soit assurée de voir les gravas évacués à la fin des 16 mois.

Il nous semble également que le prix de location du terrain devra être revu largement à la hausse puisque la « solution » Tuilières coûte aujourd’hui moins cher à Leclerc que la solution classique, alors que nous leur ferions gagner 6 mois de chantier et autant d’exploitation supplémentaire du magasin.

 

Si on nous avait écoutés en refusant l’implantation du Leclerc, il n’y aurait pas de gravas, pas de camion, pas de problème.

Si les finances de la ville n’étaient pas dans cet état lamentable, personne n’envisagerait de louer les Tuilières au Leclerc.

Aujourd’hui, les données du problème sont plus complexes et nous rappellent que l’intérêt général est une notion parfois difficile à appréhender.

 

 

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