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Une manifestation vient d’être organisée contre la voie rapide à Golfe-Juan. Le projet de déviation suscite beaucoup d’autres commentaires… que les arguments des manifestants et du Maire.

Ensemble pour Vallauris Golfe-Juan rappelle sa position.

Il y a effectivement un problème sur l’Avenue de la Liberté à Golfe-Juan – ex RN7 – inadaptée pour le trafic routier depuis des décennies, peu agréable pour les piétons et relativement dangereuse (pour les riverains notamment). Ce constat fait consensus.

Ce projet de déviation sera bientôt cinquantenaire et s’il n’a pas encore abouti, il y a probablement des raisons ! Qui s’est intéressé à ces raisons ? Qui a envisagé d’autres solutions ? Qui a laissé cette Avenue de la Liberté dans l’état où elle se trouve depuis des décennies ?

Le trafic routier est jugé trop intense, là comme dans beaucoup d’autres endroits du Département et le Conseil Départemental opte pour un grand plan départemental d’aménagements routiers, priorité déclarée du mandat. Il est incontestable que des aménagements sont indispensables, le contournement de Grasse en est un. Toutefois, sont-ils l’unique réponse ?

Il y a trop de voitures et on agrandit leur « terrain de jeu ». C’est un peu primaire comme réponse ? Et, très certainement un lourd handicap pour les générations futures, pour le Climat ainsi que pour l’avenir de notre territoire.

La construction du controversé premier tronçon incite aujourd’hui à persévérer dans l’erreur.

A moins que ne soit visé que le court et le moyen termes de villes qui étouffent leurs voisins ? A moins que le bord de mer ou l’axe Est – Ouest ne soit que la seule réponse… pour faire rentrer de l’argent dans les caisses des collectivités locales par un choix prioritaire et unique : le touriste.

Puisque le choix de construire une voie nouvelle semble acquis, n’envisageons plus ses conséquences pour le climat, pour l’environnement, pour les habitants, etc… Et, si cette route était insuffisante et qu’il faille « la doubler » ? Il faut tout envisager… Le climat ne s’adaptera pas, nous devrons financer la compensation qui s’imposera irrémédiablement et, dans l’urgence.

Les citoyens, à défaut de n’être consultés que pour les élections, ne méritent-ils pas que le Conseil Départemental réfléchisse, enfin, à une concertation sur l’avenir du front de mer des Alpes-Maritimes, aujourd’hui urbanisé de la frontière italienne aux limites du département du Var ?

Quel rapport avec la voie nouvelle de Golfe-Juan ? Trouver une réponse, une solution adaptée.

A un moment où l’on conçoit une ligne nouvelle (voie ferrée) à horizon raisonnablement inférieur à celui de la déviation de Golfe-Juan, ne pourrait-on, une fois, une seule fois, se poser la question comment faire ? La réponse trouvée dans les grandes métropoles est un axe de réflexion… Imaginons un seul instant, un Réseau Express Régional à raison d’un train toutes les 5 minutes. Pour cela il faut deux voies et elles existent. Il faudra cependant transférer le trafic « grandes lignes » (dont le TGV) sur un autre axe et inclure des connexions Sud – Nord ! Le vélo est aussi une alternative pour les distances inférieures à 10 km comme il faut favoriser les trajets court, à pied et, en toute sécurité.

Le covoiturage reste marginal, la voiture est « individuelle » à tel point qu’au sein d’une même cellule familiale, il y en a généralement plusieurs ! Les voitures circulent principalement avec une personne à bord. Qui va calculer le coût au kilomètre de ce mode de déplacement en y incluant les infrastructures ?

La priorité, après 50 ans d’errements demeure l’aménagement de l’Avenue de la Liberté, la voie principale de Golfe-Juan souffre d’une carence phénoménale. C’est un axe d’un autre âge. Ce qui est possible ailleurs est réalisable à Golfe-Juan sauf que les travaux insupporteront des électeurs.

L’autre priorité et EVGJ a depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme, c’est le Chemin Saint Bernard, un concentré d’erreurs. Rien ne peut être envisagé avant que ne soit élargi ou doublé le passage sous l’autoroute A8 de la RD 35 avec la modification de la connexion au Chemin Saint Bernard. Que dire d’autre avec comme horizon proche la perspective de Sophipolis, d’Ecotone et du Village de Sophia (ex Open-Sky) !

Nous sommes sur un terrain complexe, certes, mais sur un terrain « riche » dans tous le sens du terme, et qui mériterait une toute autre attention dont des transports en commun de centre d’attraction à centre d’attraction, y compris hors communauté d’agglomération. Il n’existe aujourd’hui qu’une rosace de base autour du Pôle d’échanges d’Antibes. Et pourtant, la mobilité est un droit inaliénable : tous les citoyens (à part quelques exceptions temporaires) ont la liberté d’aller où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent…

Nous avons à proximité (du plus contraignant au moins contraignant) :

  • Un aéroport desservi par une liaison par autocar
  • Une liaison « TGV », qui ne devient TGV qu’après Marseille
  • Une desserte de trains régionaux et locaux, à améliorer très sérieusement
  • L’Autoroute A8
  • Ensuite cela se gâte :
    • Des transports en commun insuffisants avec un maillage incomplet
    • Une desserte routière saturée, pas très adaptée, mais un maillage complet sur lequel, il convient de réduire le trafic (plutôt que d’accroître le réseau). Le taux d’accidents avec blessés ou tués est très mauvais notamment pour les deux-roues motorisés, les Alpes-Maritimes se classant parmi les mauvais élèves (il faut nuancer ce résultat, le comportement des conducteurs, principalement les deux roues motorisés, est souvent mis en cause indépendamment de l’état du réseau)
    • Un réseau cyclable discontinu et défaillant
    • Un réseau piétonnier souvent compliqué avec de nombreuses voies urbaines sans trottoir

Quelles villes de France peuvent s’enorgueillir d’un tel potentiel ?

Des possibilités cohérentes d’investissements existent, le problème demeure leur impopularité ! Pour les expliquer et les appliquer, il faut du courage et de la cohérence ! Les grandes villes doivent montrer l’exemple et les autres suivront. L’ONU par l’intermédiaire du GIEC (Groupe d’Experts sur l’Evolution du Climat) vient, à nouveau, de fustiger l’attitude des dirigeants politiques, en publiant son rapport annuel qui confirme une nouvelle aggravation.

Il y a aussi l’ex RN98, la route du bord de mer, jamais réaménagée, entre Golfe-Juan et Juan les Pins. Sa mise en sens unique de circulation n’est pas une réponse, c’est une opportunité d’aller à Juan Les Pins sans possibilité de retour. Les commerçants golfe-juanais apprécieront. Que faudrait-il faire ? Pourquoi pas une simple voie dédiée aux déplacements doux et à la promenade ? Sachant que cette emprise n’a pas un avenir assuré compte tenu de la montée du niveau de la mer et de la difficulté de maîtriser les coups de mer.

Vallauris Golfe-Juan est sur la mauvaise voie, celle qui l’étouffe.

Avons-nous la maturité pour des démarches alternatives ? Pas sûr au vu de cette manifestation et des réponses qu’elle suscite. Pas sûr que les grandes villes partagent ce potentiel et ouvrent la voie.