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Biot, le village des verriers à dix minutes d'Antibes

Biot vu d'un habitant d'Antibes : ce que vaut le vieux village, le prix d'un verre bullé, le musée Fernand Léger à 8 €, où se garer gratuitement, et la plage de Biot qui n'est pas à Biot.

9 min de lecture Antibes et Juan-les-Pins Sophia Antipolis, Valbonne et Biot

Verre à pied bullé soufflé à la bouche, teinte bleu pâle, posé sur un établi de verrier devant la lueur d'un four

Les brochures de la Côte d’Azur présentent Biot comme la capitale du verre, et le village porte ce titre depuis 1997 avec son label Ville et Métiers d’Art. Le verre, pourtant, n’y a que soixante-dix ans. Ce qui a fait vivre Biot pendant quatre siècles, c’est la jarre : une quarantaine d’ateliers au milieu du XVIIe siècle, 510 noms de potiers relevés dans les registres entre 1550 et la fin du XIXe siècle, des jarres à huile expédiées dans tout le bassin méditerranéen et jusqu’en Amérique. La Verrerie qui attire les cars n’a ouvert qu’en 1956, fondée par Éloi Monod, un ingénieur de Sèvres passé par la Poterie Provençale, à partir d’un défaut de fabrication : une bulle prise dans la masse du verre, qu’il a décidé de garder au lieu de la corriger.

Pour qui habite Antibes, Villeneuve-Loubet ou Sophia, Biot est d’abord une commune de 10 500 habitants dont un tiers du territoire porte la technopole, avec un vieux village en haut, à huit kilomètres de la mer. On y remonte quand on a des invités ou un mardi matin libre, et on en redescend avec un verre bullé, et sans ticket de parking si l’on a su où se garer.

Ce qu’on voit dans le vieux village en deux heures

Le village tient sur une butte d’une centaine de mètres, ce qui le distingue des vrais perchés de l’arrière-pays : on y monte à pied depuis le parking sans souffler. On entre par la rue Saint-Sébastien, qui grimpe jusqu’à la place des Arcades, le centre de tout. Les arcades datent des XIIIe et XIVe siècles, les façades sont ocre et grises, les terrasses occupent le pavé. C’est là que se tiennent le marché du mardi et celui des producteurs le samedi matin, une dizaine de stands.

Juste derrière, l’église Sainte-Marie-Madeleine garde deux retables qu’on ne s’attend pas à trouver dans un village de cette taille : la Vierge au Rosaire attribuée à Louis Bréa, et un Christ aux plaies de Giovanni Canavesio. L’entrée est libre. Au 9 de la rue Saint-Sébastien, dans l’ancien hôpital Saint-Jacques, le musée d’histoire et de céramique biotoises expose les jarres, les fontaines vernissées, une cuisine du XIXe siècle et les photos d’atelier qui racontent le Biot d’avant le verre. Il coûte 4 €, ferme le lundi et le mardi, et se visite en quarante minutes.

Le reste se parcourt au hasard : la porte des Tines, la porte des Migraniers, la place de la Catastrophe, qui doit son nom à l’effondrement d’une maison en 1898, et quatre-vingts artistes et artisans d’après la mairie, dont dix verriers, le reste en bijoutiers, céramistes et maroquiniers répartis dans les ruelles. Hors saison, une partie des boutiques ferme en semaine, et le village se vide après 19 heures. Ce n’est pas Saint-Paul : il n’y a ni rempart panoramique ni foule à traverser, et le soir on s’ennuie.

Les verreries : la grande, les petites, et ce que coûte un verre bullé

La Verrerie de Biot est en bas du village, chemin des Combes. L’atelier se visite gratuitement tous les jours, de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h, de 10 h à 19 h sans coupure en juillet et août, avec une fermeture annuelle du 15 au 27 janvier. On regarde les souffleurs travailler depuis une passerelle, puis on traverse les galeries et la boutique. La visite guidée, 9 €, n’existe qu’en juillet et août, à 11 h et à 16 h en semaine ; l’atelier où l’on souffle sa propre pièce coûte 68 € par personne, et la pièce se récupère le lendemain à 17 heures. Le parking de la Verrerie est gratuit trente minutes, puis facturé 0,50 € de l’heure, et offert dès 6 € d’achat : c’est le seul parking payant de la commune, et plusieurs visiteurs racontent s’être retrouvés bloqués à la barrière en le croyant gratuit.

Les prix de la boutique sont le sujet qui revient dans tous les avis. Un verre à pied bullé vaut 46 € au catalogue de la maison, un pichet 109 €, un photophore avec sa bougie 143 €. Sur Tripadvisor, un visiteur parle d’un petit saladier à 54 € et d’une boutique hors de prix, un autre d’une arnaque commerciale ; d’autres ressortent enchantés de la démonstration, qui ne coûte rien. Le verre bullé se vend aussi dans le village, chez des ateliers plus petits, et les pièces courantes y sont moins chères.

Ces ateliers sont la partie de Biot que les cars ne voient pas. La verrerie Pierini occupe un ancien moulin à huile, la Verrerie du Val de Pôme est tenue par la famille Saba, qui a sa propre signature de verre cannelé, la Verrerie Farinelli a été reprise par Sébastien Sappa, un ancien élève du maître verrier, et Nicolas Laty mélange le verre à d’autres matières. Quant à la Poterie Provençale, celle où Monod a fait ses débuts, elle a cuit sa dernière fournée en juillet 2009, route de la Mer, près de la gare. La jarre biotoise s’est arrêtée là.

Le musée Fernand Léger : tarifs, jour de fermeture, ce qu’on y passe

Le musée national Fernand Léger est à mi-pente, au 255 chemin du Val de Pôme, dans un parc où l’on peut pique-niquer. Il a été construit par Nadia Léger et Georges Bauquier après la mort du peintre, inauguré en 1960 et donné à l’État en 1967 avec le parc et plus de trois cents œuvres. On y suit Léger des toiles cubistes aux grandes compositions de la fin, en une heure et demie sans forcer. La mosaïque de la façade, la pièce que tout le monde vient photographier, est en restauration depuis octobre 2024 et ne se voit pas en entier.

Le musée ferme le mardi. Il ouvre de 10 h à 18 h de mai à octobre et de 10 h à 17 h de novembre à avril, en continu en juillet et août ; en septembre, il ferme entre 12 h et 13 h 30. Depuis le 1er avril, l’entrée coûte 8 € hors exposition et 10 € pendant les expositions temporaires, 6 et 8 € en tarif réduit. C’est gratuit pour les moins de 26 ans de l’Union européenne, pour les enseignants, et pour tout le monde le premier dimanche du mois. Le parking devant le musée est gratuit, et les lignes 10 et 21 d’Envibus s’arrêtent à côté.

Se garer, venir en bus, et éviter les cars

Le village n’a pas de parking payant en dehors de celui de la Verrerie. Le réflexe des habitants, c’est le parking des Bâchettes, au pied du village côté nord : 216 places d’après l’office de tourisme, 330 d’après la mairie, des toilettes, et un ascenseur qui évite la montée mais qui tombe en panne à répétition depuis sa pose, ce que la mairie reconnaît elle-même. Il est plein dès 11 heures les week-ends de printemps et tout l’été. La Fontanette, Saint-Jean et la Baume prennent le relais, plus petits et plus loin. Les zones bleues du chemin Neuf et de l’espace Saint-Philippe sont limitées à deux heures.

ParkingPlacesRégime
Bâchettes216 à 330gratuit, une partie en zone bleuecalade des Bâchettes, pied du village, ascenseur
Fontanette70gratuitchemin de la Fontanette
Baume70gratuitavenue du Jeu de la Baume
Saint-Jean50gratuitroute d’Antibes
Chemin Neuf15zone bleue, 2 hentrée du village
Espace Saint-Philippenon précisézone bleue, 2 havenue Roumanille
Verrerie de Biot5030 min gratuites, puis 0,50 €/h, offert dès 6 € d’achatchemin des Combes

Sans voiture, la ligne 10 d’Envibus part de la place Guynemer à Antibes, passe devant la gare de Biot et monte au village avant de continuer sur Valbonne, de 6 heures à 19 h 50 en semaine ; le ticket vaut 1,50 € à bord, 1 € sur l’application. La gare de Biot est à quatre kilomètres du village, en bas, et une navette gratuite fait la liaison chaque été, toutes les vingt minutes de 10 h 39 à 21 h 19, du 6 juillet au 30 août. Le détail des réseaux du département est sur la page se déplacer dans les Alpes-Maritimes.

Le bon moment, c’est le matin, avant l’arrivée des cars qui montent de la côte entre 11 heures et 15 heures. Un mardi avant 10 heures, on a le marché et la place des Arcades pour soi. Juin et septembre valent mieux que juillet. Trois jours à éviter, ou à choisir en connaissance de cause : Biot et les Templiers, la fête médiévale d’avril, annonce entre 110 000 et 150 000 visiteurs sur un week-end, avec des parkings déportés à Marineland et à SophiaTech et des navettes toutes les vingt minutes.

Une demi-journée qui tient, pour qui vient d’Antibes :

  1. se garer aux Bâchettes à 9 h 30, monter par la rue Saint-Sébastien, faire la place des Arcades, l’église et le musée de la céramique ;
  2. redescendre en voiture au musée Fernand Léger vers 11 h 30, une heure et demie de visite, pique-nique dans le parc ;
  3. finir à la Verrerie à 14 heures, quand les souffleurs reprennent ;
  4. rapporter un verre bullé d’un petit atelier, ou une jarre miniature du village.

La plage de Biot, le dôme et la Brague : ce qui est vraiment sur la commune

La plage de Biot n’est pas à Biot. La commune ne touche pas la mer, son point le plus bas est à neuf mètres d’altitude, et la gare de Biot elle-même est sur le territoire d’Antibes. Ce qu’on appelle plage de Biot, c’est la bande de galets qui longe la voie ferrée entre la gare et l’embouchure de la Brague, face à l’ancien Marineland. Elle se rejoint à pied depuis le quai, et c’est ce qui la rend pratique pour un après-midi sans voiture. Ce qui reste des parcs animaliers du coin est traité dans la page sur les sorties avec des enfants depuis la fermeture de Marineland.

Le dôme de Biot, lui, est bien sur la commune, à l’est, vers Villeneuve-Loubet. C’est le reste d’un volcan de trente millions d’années, 170 hectares classés Natura 2000 et suivis par la communauté d’agglomération de Sophia Antipolis, avec des chênes-lièges, des mares temporaires et les anciennes carrières de cinérite, cette pierre volcanique dont on faisait les fours à pain. On y monte par le chemin des Aspres ; il n’y a rien à acheter et personne à midi. La Brague, enfin, se remonte à pied depuis le village jusqu’à Valbonne, deux à trois heures dans un sens.

Biot face à Saint-Paul-de-Vence, Vallauris et Mougins

Un habitant de la côte a quatre villages d’artisans à moins d’une demi-heure, et ils ne se valent pas pour le même usage. Biot est celui où l’on gare gratuitement, où l’on voit un artisan travailler sans payer, et où le musée national coûte le moins cher. Saint-Paul a la Fondation Maeght à 18 € et un village plus spectaculaire, mais plus rempli. Vallauris a la céramique et le musée Picasso de la Guerre et la Paix à 6 €, sans le charme du village. Mougins joue sur les galeries et les tables.

BiotSaint-Paul-de-VenceVallaurisMougins
Le musée et son plein tarifFernand Léger, 8 €Fondation Maeght, 18 €Picasso, la Guerre et la Paix, 6 €galeries privées, entrée libre
Ce qu’on voit fabriquerdu verre soufflé, gratuitementrien, on regarde des vitrinesde la céramique, selon l’atelierrien
Ce qui pèse contrepas de panorama, mort le soirla foule et le parking payantun centre sans charmedes prix de tables étoilées

Si c’est une première visite avec des invités qui ne connaissent rien de la région, Saint-Paul fera plus d’effet. Si c’est un dimanche de novembre, ou si l’on veut voir quelqu’un fabriquer quelque chose, Biot gagne. Les autres villages du département qui se prêtent à ce genre de dimanche sont classés dans la page sur les villages perchés pour un dimanche.

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