Un habitant des Alpes-Maritimes qui se demande où aller ce dimanche n’a pas un problème d’idées, il a un problème de calendrier. Le département tient tout dans une heure et demie de route : la neige, les criques, les villages perchés, les fêtes de village, et chacun de ces plaisirs a son mois, souvent ses trois semaines. Au bon moment, on a le lieu presque pour soi ; trois semaines plus tard, on fait la queue derrière les cars.
Depuis Nice, Cannes ou Menton, l’année se répète assez fidèlement pour qu’on la sache par cœur : le mimosa ne rate jamais février, les mélèzes jamais octobre, et la pluie, quand elle tombe, tombe surtout entre la fin septembre et la fin novembre. Le reste du temps, un dimanche gâché est un dimanche mal daté.
Janvier : la neige à une heure et demie, et le rallye au Turini
Le mois le plus calme sur la côte est le plus animé en altitude. Gréolières-les-Neiges se rejoint en une heure et quart depuis Nice, Auron en une heure quarante-cinq, Isola 2000 en un peu moins de deux heures, et les bus des neiges partent de Nice-Vauban vers sept heures du matin. Les stations se comparent dans la fiche des stations à la journée.
Le dernier week-end de janvier, le Rallye Monte-Carlo se termine le dimanche par les spéciales du col de Turini. On monte la veille ou très tôt, on marche jusqu’aux points de vue, et on s’habille pour du verglas. S’il pleut sur la côte, le plus simple est un musée : à Nice, tous les musées municipaux sont gratuits le premier dimanche du mois, pour tout le monde.
Février : le mimosa, le Carnaval et les citrons
C’est le mois des trois fêtes, et elles tombent presque en même temps. Mandelieu ouvre avec la Fête du Mimosa, cinq jours autour de la mi-février, dont le grand corso du dimanche sur l’avenue Henry-Clews. Nice enchaîne avec le Carnaval, deux semaines et demie jusqu’au premier dimanche de mars, où un costume complet de la tête aux pieds donne accès gratuit aux zones piétonnes du corso. Menton fait tourner la Fête du Citron sur les mêmes dates, avec l’exposition des jardins Biovès en accès libre.
Un lundi de la période, Villefranche organise son combat naval fleuri, des pointus chargés d’œillets et de mimosa dans le port de la Santé. Sous la pluie, Menton reste la bonne sortie : les jardins Biovès et le marché des Halles se visitent trempé.
Mars : les violettes de Tourrettes, les cougourdons de Cimiez
Le premier week-end de mars, Tourrettes-sur-Loup fête ses violettes avec un corso qui tourne autour de la place de la Libération et une bataille de fleurs. Le dernier dimanche du mois, le jardin des arènes de Cimiez accueille la Fête des Cougourdons, ces courges séchées et peintes, de dix heures à dix-huit heures, en entrée libre.
Mars est aussi le mois où les agrumes de Menton sont mûrs. Le jardin botanique du Val Rahmeh ouvre de dix heures à dix-sept heures et ferme le mardi ; la Serre de la Madone ferme le lundi. Quand il pleut, la grotte de Saint-Cézaire, rouverte début février après sa pause d’hiver, tient quinze degrés toute l’année. On y a froid en août, jamais en mars.
Avril : les villages perchés avant la chaleur
Avril est le mois des villages perchés : la lumière est nette, les terrasses ouvrent, et les cars de l’été ne sont pas encore là. Peillon et Peille se font dans la même journée depuis Nice, Saorge se mérite par la route ou le train de la Roya, Gourdon domine le Loup. La sélection des villages donne pour chacun le temps de route et l’endroit où laisser la voiture.
C’est aussi la saison du sentier du littoral au cap d’Antibes, le Tirepoil, qui ferme par grand vent ou forte houle : on regarde l’état du portail sur le site de la ville avant de partir. S’il pleut, Biot a ses verreries et le musée Fernand Léger, tous deux couverts.
Mai : les dimanches de Cimiez et les roses de Grasse
Tout le mois de mai, chaque dimanche de onze heures à dix-neuf heures, le jardin des arènes de Cimiez devient la Fête des Mai : balèti, danses, socca et pissaladière sous les oliviers, gratuitement. C’est le rendez-vous le plus niçois de l’année, et la colline se prête à y passer la journée.
Le deuxième week-end, Grasse couvre sa vieille ville de roses coupées pour ExpoRose. Fin mai ou début juin selon le calendrier de la Formule 1, le Grand Prix ferme Monaco. On n’y va pas, ou on y va pour ça. La mer est encore fraîche, mais la Mala se visite déjà, vide. Sous la pluie, le musée Matisse est à cent mètres des arènes.
Juin : les criques avant les vacances scolaires
Le mois où la mer devient bonne et où les plages ne sont pas encore pleines. Les criques de Cap-d’Ail, Paloma et Passable au cap Ferrat, les calanques de Théoule : tout se fait le matin, avant la chaleur, et le tour du cap Ferrat à pied passe par plusieurs endroits où se baigner en chemin.
Juin est aussi le bon mois pour la villa Ephrussi, à l’heure d’ouverture. Sous la pluie, rare, la chapelle du Rosaire à Vence, avec ses horaires très réduits.
Juillet : la montagne, et les premiers festins
À partir de juillet, le dimanche se passe en altitude : le Boréon, la Madone de Fenestre, la Gordolasque, le lac de Trécolpas. Le refuge des Merveilles ouvre de la mi-juin à la fin octobre, et l’accès aux gravures hors sentiers balisés se fait avec un guide agréé, sur réservation obligatoire auprès du Parc national du Mercantour. Depuis Nice, on compte trois heures de marche du lac des Mesches au refuge.
C’est aussi le début des festins, les fêtes patronales des villages : un saint, un repas, un bal, un concours de boules. S’il pleut en montagne, on redescend vers la vallée et un moulin ou une cave de Bellet.
Août : les festins, le jasmin, et l’altitude contre la chaleur
Le premier week-end d’août, Grasse fête le jasmin : un corso le samedi soir où les pompiers arrosent la foule d’eau parfumée, une bataille de fleurs, un feu d’artifice. Le reste du mois appartient aux festins, avec la Saint-Roch autour du 16 août dans une bonne partie des villages.
La côte, en août, est aux autres. Un habitant qui veut dormir monte : les nuits niçoises ne redescendent plus sous les vingt degrés, alors qu’à 1 500 mètres on ressort la polaire au dîner. La Bonette se fait en une journée depuis Nice. Sous l’orage, le musée océanographique de Monaco est le repli des parents.
Septembre : la mer rendue aux habitants
Dès la rentrée, les plages se vident et l’eau reste bonne jusqu’en octobre : c’est le vrai mois de baignade des gens d’ici. Le troisième week-end, les Journées du patrimoine ouvrent des villas et des chapelles fermées le reste de l’année. Un dimanche de septembre, Antibes tient sa foire bio et locale au Campus Vert d’Azur, entrée libre. Le Parc naturel régional des Préalpes d’Azur donne sa fête le même mois, dans un village différent chaque année, tantôt un samedi, tantôt un dimanche.
Septembre est aussi le mois des vendanges à Bellet. Sous la pluie, les premiers gros orages arrivent en fin de mois : une plage peut fermer le lendemain d’une averse, et c’est le moment de ressortir la liste des musées.
Octobre : les mélèzes du Mercantour
Les mélèzes jaunissent en octobre et perdent leurs aiguilles dans la première moitié de novembre ; la couleur est à son maximum entre la mi-octobre et la fin du mois, un peu plus tard les années chaudes. Le Boréon, Peïra-Cava, la vallée de la Roya, les alentours de Valberg : c’est le plus beau dimanche de l’année pour qui accepte de partir à huit heures.
Octobre est aussi le mois des épisodes méditerranéens. Avant de monter dans une vallée, on regarde la couleur de la vigilance, parce qu’une route de la Vésubie ou de la Roya se coupe en une heure. Le dimanche de pluie d’octobre est un dimanche de musée, et Nice en a quatorze gratuits pour les habitants de la Métropole.
Novembre : les châtaignes d’Isola, l’huile nouvelle, le marathon
Le premier ou le deuxième week-end de novembre, Isola village grille ses châtaignes le dimanche dès dix heures, avec un repas de daube et polenta sous chapiteau, à réserver auprès de la mairie dans la semaine qui précède. La fête a passé les cinquante éditions. Elle n’a rien changé.
Novembre ouvre aussi la saison des moulins à huile : la cailletier se presse de novembre à janvier, et les moulins de Castagniers, Levens ou Gilette vendent l’huile nouvelle sur place. Un dimanche de début novembre, le marathon Nice-Cannes ferme le bord de mer de trois heures à midi et demi sur sept communes : ce dimanche-là, on ne traverse pas le littoral en voiture. Sous la pluie, le moulin reste une sortie couverte.
Décembre : Lucéram et les villages de Noël
De la fin novembre au premier week-end de janvier, Lucéram expose plus de quatre cent cinquante crèches dans les ruelles, à l’ancien moulin et jusqu’à Peïra-Cava, en accès libre. C’est le dimanche de décembre d’un habitant du Paillon, et il vaut la route depuis Cannes.
Le village de Noël de Nice occupe le jardin Albert-Ier et la place Masséna avec une soixantaine de chalets ; celui de Monaco s’installe sur le port Hercule, ouvert tous les jours à partir de onze heures et jusque tard le soir. Les stations ouvrent leurs pistes autour de la mi-décembre selon la neige. Sous la pluie, un village de Noël se visite quand même, un marché couvert aussi : celui de Forville à Cannes, celui des Halles à Menton.
Par où commencer : le premier dimanche du mois dans les Alpes-Maritimes
Le premier dimanche de chaque mois est le seul qui marche toute l’année. Le matin, dès huit heures, la route du bord de mer est fermée aux voitures entre Marina Baie des Anges et le Fort Carré d’Antibes. Vélos, trottinettes, poussettes, coureurs. L’après-midi, les quatorze musées et galeries municipaux de Nice sont gratuits pour tout le monde, résident ou non.
Un habitant de la Métropole n’a d’ailleurs pas à attendre ce dimanche-là : le Pass Musées, gratuit, se retire à l’accueil de n’importe quel musée municipal avec une pièce d’identité et un justificatif de domicile, et vaut trois ans. C’est la première chose à faire en arrivant dans le département, avant même de chercher une place de stationnement.