Une lectrice de Beausoleil demandait si la plage de la Mala vaut la descente un dimanche d’octobre, et surtout si l’on en remonte sans regretter. Oui aux deux, à condition de savoir par où l’on arrive et de ne pas compter sur un parasol loué.
La Mala est une crique de galets fermée par la falaise, au pied de Cap-d’Ail, entre la gare et la frontière monégasque. On n’y accède qu’à pied, par un escalier ou par le sentier du littoral. Le centre est occupé par deux établissements privés, les deux bouts restent publics et gratuits, et l’eau, sur fond de roche, y est plus claire que sur toute la côte niçoise.
Ce qu’on trouve en bas : la part publique et les deux plages privées
La partie publique se pose aux deux extrémités. Côté est, la commune a tendu un filet anti-méduses devant une zone peu profonde où l’on met les enfants ; le poste de secours, les douches et les toilettes publiques sont là. Côté ouest, la plage redevient sauvage : des galets plus gros, des rochers plats et l’espace laissé libre par les cabanons démolis. Toute la crique est non-fumeur. Les chiens sont interdits en saison.
Au milieu, l’Eden Plage Mala loue ses matelas d’avril à fin septembre, de dix heures à dix-neuf heures, avec deux grilles de prix selon le mois. Un couple qui veut un matelas chacun un samedi de juillet ne s’en sort pas sous 300 €, déjeuner compris, parce qu’à la location s’ajoute une consommation obligatoire de 70 € par personne. C’est la seule vraie déception que rapportent les clients de l’été.
| Avril, mai, septembre | Juin à août | |
|---|---|---|
| Matelas | 50 € | 80 € en première ligne, 70 € derrière |
| Grand lit deux places | 200 € | 250 € |
| Parasol | 6 € | 6 € |
| Serviette | 12 € | 12 € |
| Consommation minimum | aucune | 70 € par personne |
La Réserve de la Mala, l’autre établissement, n’a pas rouvert pour la saison 2026 : la plus grande partie de ses bâtiments, cuisines comprises, était sur le domaine public maritime, et la préfecture a lié le renouvellement de la concession à leur démolition. Ce que la commune peut faire de cette moitié de crique se lit dans la page sur les concessions de plages privées.
Les maîtres nageurs municipaux surveillent la baignade de juin à septembre. Du 1er juillet au 31 août, cinq CRS sauveteurs les rejoignent tous les jours. Hors de ces dates, personne ne surveille.
Y aller sans voiture : le train, le bus 600 et le sentier
Le train est la solution la plus simple pour un habitant de Nice ou de Menton. Le TER met dix-neuf minutes depuis Nice-Ville et s’arrête à la gare de Cap-d’Ail ; de là, le sentier du littoral rejoint la crique en un quart d’heure, vers l’ouest, au ras de l’eau.
Le bus est plus long mais dépose plus haut. La ligne 600, celle qui a remplacé le 100 entre Nice, Monaco et Menton, passe toutes les dix à quinze minutes en semaine ; le ticket vaut 2,10 € en sans-contact et 2,50 € en espèces. On descend à l’arrêt Deux Tunnels, le premier de Cap-d’Ail en venant d’Èze, puis on rejoint le haut de l’escalier par les avenues résidentielles en une dizaine de minutes.
Par la mer, la navette de l’Eden ne sert que ses clients.
S’y garer : les avenues du haut et les zones payantes de Cap-d’Ail
Il n’y a pas de parking de plage. La commune indique trois endroits : l’avenue Pierre-Weck, l’avenue François-de-May et l’allée Mala pour les deux-roues seulement. Quelques dizaines de places en tout, pleines avant dix heures en juillet et août. En mai ou en octobre, on s’y gare encore à onze heures un dimanche.
Le stationnement de Cap-d’Ail se paie de neuf heures à midi et de quatorze à dix-huit heures ; la zone verte du centre offre trente minutes gratuites par jour, la zone rouge couvre l’espace Marquet, Brise Marine et le parking Cap Fleuri, départ du sentier côté ouest. Un résident de la commune paie 2 € la journée ou 10 € la semaine après inscription sur la plateforme de la mairie. Le parking de la gare est le repli le plus sûr : on laisse la voiture et l’on descend par le sentier, ce qui prend le même temps que l’escalier.
Y descendre : l’escalier, le sentier du littoral et la remontée
L’escalier part sous la résidence Eden, au bout de l’allée Mala, et perd une soixantaine de mètres de dénivelé en cent cinquante à cent soixante-dix marches selon qui les compte. Dix minutes à la descente, dans la végétation, à l’ombre presque tout le long. La remontée à quinze heures en août est une autre affaire. En octobre, elle se fait sans y penser.
Le sentier du littoral relie la plage Marquet, côté Monaco, à la Mala : 3,6 kilomètres, environ une heure et demie. Depuis la gare, on n’en prend que le dernier tronçon. Treize barrières le jalonnent, et les agents municipaux les ferment dès que la mer se creuse ou que le vent forcit, ce qui arrive souvent entre novembre et mars ; l’escalier reste alors le seul accès. Vélos et trottinettes interdits, chiens en laisse.
Ni l’un ni l’autre ne convient à une poussette ou à un fauteuil. La commune l’a dit sans détour pendant les travaux de 2026 : le site ne pourra pas être rendu accessible aux personnes à mobilité réduite. Pour une plage adaptée à Cap-d’Ail, c’est la Marquet.
Ce que la Mala vaut, et ce qu’on lui reproche
Ce qu’on vient chercher est l’eau. Des sources d’eau douce sortent de la falaise, le fond rocheux se voit à cinq ou six mètres, et deux grottes marines se rejoignent à la nage depuis la plage privée. La crique regarde le sud et se ferme des deux côtés, donc elle tient quand le vent d’est lève la houle sur les plages de Nice. En juin et en septembre, l’eau est à 22 ou 23 degrés.
L’ombre n’existe que le matin, côté est, au pied de la falaise. Passé midi, le soleil prend toute la crique et la partie publique n’a ni pin ni auvent. On apporte son parasol, ou l’on se cale contre les rochers.
Les reproches se lisent dans les avis publiés et se répètent d’une année à l’autre. La plage est notée 3,7 sur 5 sur plus de trois cents avis, ce qui est bas pour un site aussi photographié. Ce qui fait baisser la note : les mégots sur les galets malgré l’interdiction de fumer, les capsules et les déchets ramenés par la houle en fin d’été, le bruit des bateaux qui accostent au ponton de la plage privée, la marche depuis la gare jugée longue avec des enfants et le prix des matelas. Les galets reviennent aussi, mais c’est un reproche qu’on fait à toute la côte niçoise, et ceux de la Mala sont plus petits que ceux de la Promenade.
Ce qui change à la Mala depuis la démolition des cabanons
Huit cabanons, d’anciens garages à bateaux occupés par des familles de Cap-d’Ail depuis l’après-guerre, tenaient la partie ouest de la crique. La préfecture les a jugés sur le domaine public maritime, la commune et les propriétaires ont perdu devant la cour administrative d’appel de Marseille puis devant le Conseil d’État, et le site a été rendu à l’état naturel fin 2021 après trois mois de désamiantage et de démolition. En juillet 2024, le tribunal correctionnel de Nice a encore ordonné la démolition de trois constructions bâties sans permis au-dessus de la plage, avec 100 000 € d’amende.
La suite s’est jouée en 2026, sous une concession de plage de douze ans qui autorise huit mois d’exploitation par an. Avant l’été, la falaise a été grillagée pour 250 000 €, deux tiers payés par la commune, un tiers par le propriétaire de la villa au-dessus. À partir du 15 novembre 2026, un cheminement en bois de 2,50 mètres de large doit remplacer le passage de 90 centimètres où l’on se baissait sous les parasols pour traverser la plage privée. Le poste de secours et les sanitaires seront déplacés dans un local existant à côté de l’Eden, et un snack public, sandwiches, salades, pan bagnat et glaces, sans plat chaud, doit ouvrir en mai 2027 en délégation de service public. Le maire a promis que la Mala reste une plage publique. Ce qu’il faudra mesurer à l’ouverture, c’est la largeur de ce qui reste libre entre les matelas et l’eau.
Les Pissarelles et la Marquet quand la Mala est pleine
Quand l’escalier est déjà encombré à onze heures, deux plages de la même commune prennent le relais, et elles ne se ressemblent pas.
| La Mala | Les Pissarelles | La Marquet | |
|---|---|---|---|
| Accès | escalier ou sentier, dix minutes | escalier depuis la corniche | à plat, depuis le port |
| Sol | petits galets | rochers et bancs de galets | galets |
| Ombre | le matin, côté est | l’après-midi, côté droit | aucune |
| Poussette, fauteuil | non | non | oui, tiralos l’été |
| Se garer | avenues Weck et de May | deux ou trois places sur la corniche | parking Brise Marine |
| Sur place | douches, WC, plage privée | WC, douche | port, commerces |
Les Pissarelles sont à une centaine de mètres à l’est de la Mala, mais on n’y passe pas par la plage : l’escalier part de la basse corniche, à l’arrêt Deux Tunnels ou par le domaine des Pissarelles sur l’avenue du 3-Septembre. Dix minutes de descente, vingt-cinq à la remontée, pour une crique de gros rochers et de bancs de galets étroits, la plage naturiste la plus connue du département. Une source d’eau douce sort de la falaise sur la droite, là où l’ombre arrive l’après-midi. Aucune surveillance, aucun commerce.
La Marquet, à l’autre bout du sentier, est l’inverse : au bord du port, plate, accessible en fauteuil avec deux tiralos et un hippocampe à réserver en juillet et août, le parking Brise Marine à côté. On y va avec une poussette ou une grand-mère. On ne va pas à la Mala pour ça.