Sortir

La colline du Château à Nice : le parc, la cascade et ce qu'on voit d'en haut

Les quatre montées, l'ascenseur qui s'arrête avant le parc, la cascade de 1885, le cimetière qui ferme avant tout le monde, la tour Bellanda, les horaires par saison et ce qu'on enchaîne en bas, côté port ou cours Saleya.

8 min de lecture Nice

La cascade du Château à Nice tombant de sa grotte de rocaille entre les pins, la baie des Anges en contrebas

La colline du Château est le meilleur endroit de Nice un dimanche matin avant dix heures, et l’un des pires à quinze heures en août. Entre les deux, tout dépend de l’heure où l’on monte et du côté par lequel on redescend.

Ce rocher calcaire d’un peu plus de 90 mètres sépare le Vieux-Nice du port. La citadelle qui l’occupait a été rasée sur ordre de Louis XIV en 1706, et le roi Charles-Félix a concédé le terrain à la ville en 1822 pour en faire une promenade publique. Le parc couvre aujourd’hui 19,3 hectares de pins, d’allées ombragées et de terrasses, avec une cascade, des ruines, deux cimetières et une tour. L’entrée est gratuite, toute l’année.

Quatre montées, et une seule vraiment mauvaise idée

Le Niçois qui y va régulièrement choisit sa montée selon l’endroit où il redescendra.

AccèsDépartCe que ça demandeCôté où l’on redescend
Escalier Lesagerue des Ponchettes, quai des États-Unisune dizaine de minutes de marchescours Saleya, Vieux-Nice
Ascenseur1 rue des Ponchettesune minute, gratuit, en journée seulementcours Saleya, Vieux-Nice
Montée Montfortplace Guynemerpente douce, quelques places de stationnementle port
Montée Eberlérue Catherine-Séguranepente douce, parkings près des cimetièresplace Garibaldi

L’escalier Lesage part de la rue des Ponchettes, au bout du quai des États-Unis, et grimpe dans le rocher jusqu’à la tour Bellanda. Une dizaine de minutes de marches, à l’ombre le matin, en plein soleil dès midi. C’est la montée la plus courte et celle qui offre la vue la plus tôt.

L’ascenseur se prend à côté, au 1 rue des Ponchettes. Il est gratuit depuis une décision municipale de 2011 et arrive en une minute sur la terrasse de la tour. Il tourne en journée seulement, en gros de dix heures à la fin de l’après-midi, donc bien avant la fermeture du parc. Il s’arrête sous la pluie, en cas de grève ou de panne. Ça arrive souvent. Compter dessus pour redescendre avec une poussette à dix-neuf heures est la mauvaise idée annoncée.

La montée Montfort part de la place Guynemer, derrière le port, et la montée Eberlé de la rue Catherine-Ségurane, près de la place Garibaldi. Ce sont les deux accès en pente douce, avec quelques places de stationnement le long de la route, prises dès la fin de matinée le dimanche. Le petit train touristique y fait aussi halte dix minutes, ce qui explique les vagues de visiteurs qui débarquent d’un coup sur l’esplanade.

La cascade, le canon de midi et ce qu’on voit d’en haut

La cascade n’a rien de naturel. Elle a été mise en eau le 27 juin 1885 sur les ruines de l’ancien donjon, comme déversoir du canal de la Vésubie qui venait d’amener l’eau de la vallée jusqu’à Nice. Elle tombe de la fausse grotte aménagée au-dessus, et le belvédère qui la surmonte donne la vue la plus connue de la ville : la baie des Anges d’un seul tenant, la promenade des Anglais jusqu’à l’aéroport, les toits du Vieux-Nice et le cours Saleya juste en dessous. Il arrive que la cascade soit coupée, pour entretien ou par sécheresse, et le belvédère reste alors le seul motif de la halte.

Côté ouest, la terrasse Nietzsche prolonge cette vue vers les collines. Côté est, depuis les allées du cimetière et le plateau supérieur, on domine le port Lympia, ses yachts, le mont Boron et, par temps clair, la pointe du cap d’Antibes vers l’ouest. C’est l’un des rares points de Nice d’où l’on voit la mer et la ville des deux côtés à la fois.

À midi, un coup de canon part de la colline. La tradition date de 1861 : un Anglais fortuné, Thomas Coventry, avait remarqué que chaque horloge de la ville donnait une heure différente et a obtenu du maire de financer un tir quotidien pour que les habitants règlent leur montre. Le canon a laissé la place à un marron d’air, une bombe pyrotechnique qu’un artificier allume encore chaque jour, mais le bruit reste, et il fait sursauter tous ceux qui ne l’attendent pas.

Le cimetière du Château et la tour Bellanda

Le cimetière occupe le flanc est de la colline, sur l’emplacement de l’ancienne citadelle. Il a été ouvert en 1783, quand le roi de Sardaigne a interdit d’enterrer dans les églises, et compte 2 800 tombes en terrasses sur 1,4 hectare. On y trouve Léon Gambetta, Gaston Leroux, René Goscinny, Alexandre Herzen et Emil Jellinek, le fondateur de Mercedes, à côté du petit peuple du Vieux-Nice et des notables locaux. Le cimetière israélite est attenant, avec un cénotaphe pour les victimes niçoises de la Shoah à l’entrée. Ses horaires sont plus courts que ceux du parc : 18 heures du 1er mars au 31 octobre, 17 heures le reste de l’année, alors que le parc reste ouvert deux heures de plus l’été. Une cloche sonne une demi-heure avant, et les grilles se ferment ensuite sans autre avertissement.

La tour Bellanda, rebâtie au XIXe siècle sur un ancien bastion de la citadelle, abrite le Bellandarium, une mise en scène de l’histoire de la colline avec 52 personnages costumés. Elle ouvre du mardi au samedi, de 9 heures à 13 heures et de 14 heures à 17 heures, pour 5 euros, 3 euros en tarif réduit, gratuit avant 18 ans. On y monte pour la terrasse autant que pour l’exposition.

Sur le plateau, les vestiges de la cathédrale Sainte-Marie, dont les premières traces remontent au Ve siècle, ont été recouverts d’une couche de pouzzolane rouge en septembre 2022 après douze ans de fouilles. On lit donc le plan des murs au sol, pas des ruines dressées. Les mosaïques modernes qui rappellent la fondation grecque de la ville se trouvent à côté.

Les horaires du parc selon la saison

Le parc ouvre à 8 h 30 tous les jours. Il ferme à 20 heures du 1er avril au 31 octobre et à 18 heures du 1er novembre au 31 mars, selon la fiche du parc publiée par la Ville de Nice.

Du 1er avril au 31 octobreDu 1er novembre au 31 mars
Parc8 h 30 à 20 h8 h 30 à 18 h
Cimetière du Château8 h 30 à 18 h (dès le 1er mars)8 h 30 à 17 h
Tour Bellandamardi à samedi, 9 h à 13 h et 14 h à 17 hidem
Ascenseurjournée seulement, ferme avant le parcjournée seulement, ferme avant le parc

Les grilles ferment vraiment. Il arrive que la colline soit interdite au public pour une raison extérieure au parc : elle l’a été du 5 au 13 juin 2025, pendant la conférence des Nations unies sur l’océan, parce qu’elle surplombe le port où mouillaient les délégations. Un dimanche de grand vent, une allée peut aussi être fermée pour les chutes de branches. Personne ne l’annonce à l’avance sur les panneaux du bas.

Ce que ça vaut, et ce que les habitués lui reprochent

La vue justifie la montée à elle seule, et c’est bien le problème. Tout le monde le sait. Entre onze heures et seize heures, d’avril à octobre, l’esplanade de la cascade et le belvédère se remplissent de groupes qui descendent du petit train ou de l’ascenseur, et il faut attendre son tour pour la photo. Les reproches qui reviennent portent sur l’ascenseur souvent hors service, sur la cascade parfois à sec, et sur des vestiges qui demandent de l’imagination. Le parc lui-même est bien entretenu, avec une aire de jeux de 1 600 mètres carrés refaite en bois de robinier pour les tout-petits, des toilettes et des fontaines.

Pour qui veut la même mer avec dix fois moins de monde, le mont Boron est de l’autre côté du port : 57 hectares de forêt, 11 kilomètres de sentiers balisés, le bus 14 qui y monte, et le fort du mont Alban à 220 mètres qui domine à la fois Nice et la rade de Villefranche. On n’y trouve ni cascade ni canon, et la vue sur le Vieux-Nice est de loin.

Colline du ChâteauMont Boron
Altitudeun peu plus de 90 m220 m au fort du mont Alban
Surface19,3 ha57 ha
Montée à pied depuis le port10 à 15 min30 à 45 min
Accès sans marcherascenseur gratuit, petit trainbus 14
Ce qu’on y voitbaie des Anges, Vieux-Nice, port, des deux côtésbaie des Anges à l’ouest, rade de Villefranche à l’est
Monde un dimanche d’étéesplanade pleine de 11 h à 16 hsentiers dégagés
Cascade, canon, cimetièreouinon

Redescendre côté port ou côté cours Saleya

Le dimanche se joue sur la descente.

Par la montée Montfort, on arrive place Guynemer et sur les quais du port en cinq minutes. C’est le côté de la socca chez Pipo, rue Bavastro, des terrasses du quai Lunel et des puces du port. Le tram de la ligne 2 a son terminus à Port Lympia, à deux pas.

Par l’escalier Lesage ou l’ascenseur, on tombe sur le quai des États-Unis et, en tournant le dos à la mer, sur le cours Saleya. Le marché aux fleurs et aux légumes s’y tient du mardi au dimanche, et les étals de légumes remballent vers 13 h 30 : celui qui est monté à neuf heures redescend à temps pour acheter ses tomates, celui qui a traîné jusqu’au canon de midi trouve encore les fleurs, ouvertes plus tard, mais plus grand-chose à manger. Le lundi, le marché laisse la place à la brocante, et la descente par ce côté vaut alors pour les chineurs.

Une troisième sortie existe pour ceux qui viennent de la place Garibaldi : redescendre par la montée Eberlé ramène rue Catherine-Ségurane, à cinq minutes de la place et de ses cafés, sans traverser ni le port ni le Vieux-Nice. C’est la descente des habitants du quartier, et celle où l’on croise le moins de monde.

Dans la même rubrique

Toute la rubrique « Sortir »