La villa Ephrussi de Rothschild est la sortie qu’on garde pour les invités qui n’ont qu’une journée sur la Côte d’Azur, et on les y emmène à l’ouverture, jamais après midi. C’est un palais rose de 1912 posé sur la crête du cap Ferrat, entouré de neuf jardins qui descendent vers la mer des deux côtés, et c’est le site le plus visité entre Nice et Menton : environ 130 000 entrées par an sur sept hectares, ce qui se sent dès onze heures un dimanche de mai.
Béatrice Ephrussi de Rothschild, fille du baron Alphonse, achète le terrain en 1905, fait bâtir de 1907 à 1912, et lègue en 1934 la villa et quelque 5 000 œuvres à l’Académie des beaux-arts, qui en est toujours propriétaire et la gère elle-même depuis 2023. Le domaine est classé monument historique depuis 1996.
Ce qu’on visite : une heure de villa, deux heures de jardins
La villa se visite au rez-de-chaussée et à l’étage, audioguide inclus dans le billet. On entre par le patio à colonnades, puis le grand salon aux boiseries du XVIIIe siècle, le petit salon ouvert sur le jardin, la chambre ovale de la baronne qui donne sur la rade de Villefranche, le salon des porcelaines, et à l’étage les galeries de tapisseries, de sculptures et de toiles, dont des Fragonard. Une heure suffit pour l’intérieur.
Les jardins sont la vraie raison de venir. Le jardin à la française occupe la crête, dessiné comme le pont d’un navire : la baronne voulait se tenir à la proue avec la mer à bâbord et à tribord, et elle faisait porter à ses jardiniers le béret à pompon des marins. La perspective file du grand bassin au temple de l’Amour, copie de celui du Trianon, sous lequel tombe une cascade. Depuis 2003, des jeux d’eau musicaux animent les bassins toutes les vingt minutes : on s’assoit sur les marches côté temple et on attend le suivant.
Les huit autres jardins sont plus petits et s’enchaînent en boucle sous la villa : le jardin espagnol et son canal, le florentin et son allée de cyprès, le lapidaire fait de fragments d’architecture rachetés, le japonais avec son bassin de carpes, l’exotique aux cactus, la roseraie et son petit temple hexagonal, le provençal à oliviers et lavande, et le jardin de Sèvres. Deux heures pour le tour, trois avec la villa et un thé.
Tarifs et horaires : 18 € l’entrée, 24 € avec la villa Kérylos
L’audioguide est compris. Pendant la Fête de la rose et des plantes, début mai, l’entrée monte à 20 €.
| Billet | Prix | Pour qui |
|---|---|---|
| Plein tarif | 18 € | à partir de 26 ans |
| Tarif réduit | 12 € | 7 à 17 ans, étudiants jusqu’à 25 ans |
| Gratuit | 0 € | moins de 7 ans, demandeurs d’emploi, carte mobilité inclusion à 80 % |
| Jumelé Ephrussi + Kérylos | 24 € | plein tarif, valable 8 jours |
| Jumelé réduit | 20 € | 7 à 25 ans |
La villa ouvre tous les jours de 10 h à 18 h, et le restaurant-salon de thé Béatrice, installé dans l’ancienne salle à manger, sert de 11 h à 17 h 30. Certains samedis de septembre et d’octobre, la villa ferme au public pour des mariages : les dates sont affichées sur le site de la villa, et c’est la première chose à regarder avant de promettre la sortie à quelqu’un un samedi d’automne.
Les billets achetés en ligne ne se remboursent pas et ne donnent aucun accès coupe-file : hors saison, acheter sur place ne fait perdre que quelques minutes.
Le bon moment : dix heures, en semaine, d’avril à juin ou en octobre
À l’ouverture, on a le jardin à la française pour soi pendant une demi-heure, le parking se remplit vers onze heures et les groupes avec lui, et l’après-midi d’un week-end d’été est à éviter. Pour des invités, le rythme qui marche : arrivée à 10 h, la villa d’abord, puis les jardins, un jeu d’eau, et le déjeuner ailleurs.
La meilleure saison est courte. En avril et en mai, la roseraie est en fleur et la lumière est basse sur la rade ; en octobre, la chaleur est tombée et les cars ont disparu. L’été, l’ombre manque dans le jardin à la française, le sol clair renvoie le soleil, et les jets d’eau ne rafraîchissent personne. L’hiver, le jardin exotique et le jardin lapidaire tiennent, les autres dorment, et la visite se fait surtout pour la villa et la vue.
Ce qu’en disent les visiteurs, et ce qu’ils regrettent
Sur Tripadvisor, la villa tient une note de 4,7 sur 5 sur plus de 2 700 avis, et les jardins font l’unanimité. Le parking gratuit ne compte que quelques dizaines de places : plein dès onze heures en saison, il renvoie vers le stationnement de la basse corniche, à cinq minutes en montée. Le restaurant impose de déjeuner à midi, sans qu’on puisse seulement prendre un thé aux heures de repas, et les odeurs de cuisine remontent dans le patio.
Plusieurs visiteurs trouvent la collection plus mince que ne le laisse entendre la réputation des lieux, et une partie des porcelaines exposées porte des recollages visibles. Les nocturnes d’été ont déçu ceux qui les ont tentées, pour cause d’éclairage insuffisant. Les jardins sont en pente et l’étage n’a pas d’ascenseur : la visite convient aux poussettes dans les allées principales, moins à qui marche difficilement.
Y aller depuis Nice : le bus 15, le train, ou la voiture
La villa est au 1, avenue Ephrussi-de-Rothschild, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, sur la crête qui relie le cap à la basse corniche. Sans voiture, le plus simple est la ligne 15 de Lignes d’Azur : départ de la Promenade des Arts à Nice, un bus environ tous les quarts d’heure, une demi-heure de trajet, et l’arrêt Passable-Rothschild dépose au pied de l’allée. Le trajet coûte un ticket Lignes d’Azur à 1,70 €. Les cars Zou de la basse corniche s’arrêtent au pont Saint-Jean, d’où il reste un quart d’heure de marche en montée.
En train, on descend à Beaulieu-sur-Mer et on marche : deux kilomètres, une demi-heure, la fin en côte. C’est l’itinéraire à prendre quand on enchaîne avec la villa Kérylos, qui est à cinq cents mètres de la gare. En voiture, on vise le parking de la villa avant onze heures.
Le chantier de 2027 : voir la villa rose avant qu’elle ne redevienne ocre
L’Académie des beaux-arts a engagé la première grande restauration de la villa depuis sa construction, chiffrée autour de 35 millions d’euros et financée sur ses fonds. Les dépendances et la conciergerie, qui deviendra l’entrée et la billetterie, sont en travaux jusqu’à l’été 2027. Ensuite, la villa elle-même ferme pour deux ans, jusqu’en 2029 : structure métallique, façades, intérieurs, et un parcours muséal repensé qui rouvrira des pièces aujourd’hui occupées par des bureaux. Les jardins resteront ouverts pendant toute cette période.
Un détail pour qui la photographie : la villa n’a pas toujours été rose. Elle était ocre jaune du temps de la baronne, et c’est la restauration d’après-guerre qui lui a donné sa couleur actuelle. Le chantier prévoit de la ramener à un ocre pâle. La villa rose de la carte postale a donc moins d’un an devant elle : les invités qu’on veut impressionner se traitent avant l’été 2027.
La villa Kérylos et le sentier du cap : la journée complète
La villa Kérylos, à Beaulieu-sur-Mer, est l’autre grande maison de la baie. Théodore Reinach, helléniste, l’a fait construire de 1902 à 1908 par l’architecte Emmanuel Pontremoli comme une demeure grecque antique reconstituée, mosaïques, fresques et mobilier compris, les pieds dans l’eau de la baie des Fourmis. Son jardin est petit ; sa force est l’intérieur, l’inverse d’Ephrussi.
| Villa Ephrussi de Rothschild | Villa Kérylos | |
|---|---|---|
| Commune | Saint-Jean-Cap-Ferrat | Beaulieu-sur-Mer |
| Construite | 1907-1912 | 1902-1908 |
| Propriétaire | Académie des beaux-arts | Institut de France |
| Plein tarif | 18 € | 15 € |
| Tarif réduit | 12 € | 10 € |
| Horaires | 10 h-18 h toute l’année | 10 h-18 h d’avril à septembre, 10 h-17 h le reste de l’année |
| Fermetures | quelques samedis d’automne | 1er janvier, 1er mai, 25 décembre |
| Durée | 3 h avec les jardins | 1 h 30 |
| Ce qu’on vient voir | les jardins et la vue | l’intérieur reconstitué |
Les deux se relient à pied par la promenade Maurice-Rouvier, en bord de mer, puis une montée d’un petit kilomètre vers la crête. La journée qui fonctionne avec des invités : Ephrussi à l’ouverture, descente à pied vers Saint-Jean pour déjeuner au port, puis le tour de la pointe Saint-Hospice ou, si les jambes tiennent, le retour vers Beaulieu par la promenade et Kérylos en fin d’après-midi, avec le billet jumelé. Trois heures de marche facile, deux villas et la mer tout le long.