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Cambriolages dans les Alpes-Maritimes : 3 398 faits, un taux sous la moyenne française

Le département compte 4,3 cambriolages de logement pour 1 000 logements, contre 5,6 en France, et se classe 73e sur 101. Nice en concentre 43 %, Villefranche-sur-Mer affiche le taux le plus fort du littoral, et la part de résidences secondaires n'explique rien.

8 min de lecture Nice Villefranche, Beaulieu, Cap-Ferrat, Èze

Porte d'entrée de villa provençale, serrure au premier plan et volets fermés derrière, mur crépi ocre et pins en arrière-plan

La police et la gendarmerie ont enregistré 3 398 cambriolages de logement dans les Alpes-Maritimes sur l’année 2025, soit 4,3 pour 1 000 logements. La France entière est à 5,6, et le département se classe 73e sur 101. Il y a donc 72 départements au-dessus, dont les Bouches-du-Rhône voisines, à 8,0.

Ces chiffres sortent de la base communale de la délinquance enregistrée, que le service statistique du ministère de l’intérieur publie chaque année commune par commune, en nombre de faits et en taux pour 1 000 logements. Sur la série ouverte en 2016, le département passe de 5 900 faits à 3 398, 42 % de moins, quand la France recule de 15 %. Le sens s’inverse sur le dernier relevé : la France enregistre 3 % de cambriolages en moins, les Alpes-Maritimes 6 % de plus.

Nice pèse 43 % des cambriolages du département

Nice à elle seule compte 1 454 faits, Cannes 421, Antibes 198. Les trois communes réunissent 61 % des cambriolages de logement du département, les dix premières 79 %. Rapporté à ses 238 750 logements, le taux niçois tombe à 6,1 pour 1 000, sous les 6,9 que le service statistique relève dans les unités urbaines de plus de 200 000 habitants.

Le taux le plus fort du littoral n’est pas là. Villefranche-sur-Mer enregistre 46 faits pour 5 467 logements, soit 8,4 pour 1 000, le double du taux départemental. Èze suit à 6,7, Roquefort-les-Pins à 6,7, La Colle-sur-Loup à 6,1. À l’autre bout, 47 des 90 communes dont la base publie le détail n’enregistrent aucun cambriolage de logement sur l’année.

Les grandes communes de l’ouest ont décroché du reste. Antibes tombe de 556 faits en 2016 à 198, Grasse de 212 à 53, Mandelieu-la-Napoule de 146 à 43. Nice perd un tiers de ses faits sur la même période. Cannes en gagne une dizaine.

CommuneCambriolages en 2025Taux pour 1 000 logementsPart de résidences secondaires
Villefranche-sur-Mer468,450 %
Nice1 4546,114 %
Cannes4215,845 %
Saint-Laurent-du-Var1035,410 %
Mougins544,720 %
Cagnes-sur-Mer1504,515 %
Vallauris934,527 %
Le Cannet943,516 %
Vence403,314 %
Villeneuve-Loubet433,328 %
Antibes1983,034 %
Roquebrune-Cap-Martin412,950 %
Théoule-sur-Mer82,476 %
Menton682,343 %
Grasse532,013 %
Mandelieu-la-Napoule432,043 %
Mouans-Sartoux71,28 %

Source : la base communale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie pour les faits et les taux de 2025, le recensement de la population de 2022 pour la part de résidences secondaires et de logements occasionnels.

Ni la taille de la commune, ni les résidences secondaires n’expliquent le taux

L’explication qui vient d’abord : une commune pleine de volets clos une partie de l’année attirerait les cambrioleurs. Les deux colonnes du tableau ne se suivent pas. Théoule-sur-Mer, 76 % de résidences secondaires, sort à 2,4. Villefranche-sur-Mer et Roquebrune-Cap-Martin ont la même proportion, 50 %, et trois points d’écart de taux. Sur les 37 communes qui dépassent 1 500 logements et dont la base donne le détail, les deux chiffres ne montent ni ne descendent ensemble.

La taille ne commande pas davantage. Nice, 238 750 logements, et La Colle-sur-Loup, 4 454, sortent au même niveau.

Le service statistique du ministère a modélisé ce qui, dans les caractéristiques d’une commune, tire son taux vers le haut, sur les années 2016 à 2022. Quatre facteurs ressortent. Une commune en zone urbaine dense enregistre en moyenne 1,4 cambriolage de plus pour 1 000 logements par an qu’une commune rurale périurbaine comparable. Un écart de 1 % de niveau de vie médian entre deux communes semblables vaut 0,7 pour mille à la plus aisée. Un point de maisons supplémentaire dans le parc en vaut 0,06. Une commune hors zone de montagne, enfin, dépasse de 1,3 cambriolage pour 1 000 logements sa jumelle d’altitude.

Ce sont les résidences principales, et non les secondaires, que le modèle associe à un taux élevé. La bande littorale dense et aisée qui va de Nice à Cannes coche les quatre cases. Le haut-pays les décoche toutes, et son taux suit.

Novembre et décembre, pas le mois d’août

Novembre et décembre pèsent 10 % des cambriolages de logement de l’année chacun, août 8 %, juin 7 %. Le mois des départs en vacances vaut donc un mois moyen, et les deux pics tombent à la fin de l’automne et aux fêtes, quand les nuits tombent tôt et que les logements se vident en fin de journée. Ces parts valent pour la France entière, la base communale comptant les faits à l’année.

Janvier9 %

Février8 %

Mars8 %

Avril8 %

Mai8 %

Juin7 %

Juillet8 %

Août8 %

Septembre8 %

Octobre9 %

Novembre10 %

Décembre10 %

Part de chaque mois dans les cambriolages de logement de l'année, France entière. Un mois moyen pèse 8,3 % ; les barres colorées passent au-dessus.

Ce qui fait renoncer, et ce que la caméra a le droit de filmer

Le modèle du ministère met en avant l’accessibilité et le voisinage. Une commune desservie par une route nationale, hors montagne, dans un bassin de vie inégalitaire, encaisse davantage qu’un hameau au bout d’une route à lacets. La villa isolée du haut-pays tient le bas du classement.

La campagne « Contre les cambriolages, ayez les bons réflexes » du ministère de l’intérieur tient en quelques équipements : une fermeture fiable sur la porte, un œilleton, un entrebâilleur, des volets, un éclairage programmé, une alarme. S’y ajoute l’opération tranquillité vacances, gratuite : on s’inscrit en ligne avec FranceConnect jusqu’à 45 jours à l’avance et au plus tard 3 jours avant le départ en zone police, la veille en zone gendarmerie. Les patrouilles passent aux abords du logement pendant l’absence, et on n’est rappelé qu’en cas d’anomalie.

La CNIL admet qu’un particulier filme l’intérieur de son logement, son jardin et son allée privée. Elle interdit la voie publique, y compris pour surveiller une voiture garée devant chez soi, et le terrain du voisin. L’article 226-1 du code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende l’enregistrement de l’image d’une personne dans un lieu privé sans son consentement. Une personne employée à domicile doit être informée de la présence des caméras, et ne peut pas être filmée en continu pendant son travail. En copropriété, une caméra posée dans les parties communes passe par un vote en assemblée générale, au même titre qu’un percement de façade.

Le matériel, lui, se joue sur des arbitrages que la règle ne tranche pas : batterie ou alimentation filaire, stockage sur carte ou abonnement à un service distant, seuil de détection qui laisse passer un chat sans déclencher vingt notifications, tenue au soleil et aux embruns quand l’appareil est posé face au sud ; quelle-camera-surveillance.fr les détaille modèle par modèle.

Ce que ces chiffres ne permettent pas de dire

La base compte des faits enregistrés, pas des faits commis. L’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité », du même service statistique, mesure l’écart : 56 % des victimes d’un vol avec effraction abouti dans leur résidence principale ont déposé plainte en 2022. C’est le taux de plainte le plus élevé de toutes les atteintes aux biens, et il laisse tout de même 44 % des faits subis hors du compte.

Le secret statistique retire le détail des plus petites communes. 73 des 163 communes du département n’ont pas de nombre publié pour elles seules ; les 90 autres totalisent 3 258 faits, et les 140 restants ne sont connus qu’au cumul départemental.

Le dénominateur est figé : les taux des dernières années se calculent sur le parc de logements recensé en 2022. Une commune qui a construit depuis voit son taux surestimé d’autant. Et les petits nombres bougent vite. Vence passe de 17 faits à 40 d’une année sur l’autre, Carros de 10 à 24, Biot de 36 à 15. Sur une commune de 2 000 logements, cinq faits de plus déplacent le taux de 2,5 points et font basculer un classement communal d’un bout du tableau à l’autre.

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