Le gazon d’agrément est le premier usage qu’un arrêté sécheresse coupe. Au niveau d’alerte, il est interdit de 8 heures à 20 heures. À l’alerte renforcée, il l’est de jour comme de nuit, et au stade de crise le potager y passe à son tour. Le manquement est une contravention de cinquième classe : 1 500 euros, le double en cas de récidive.
Une pelouse installée traverse pourtant juillet et août sans une goutte, puis reverdit aux pluies d’automne. On le reconnaît à ceci : l’herbe jaunit sans se déchausser, et la couleur revient trois semaines après les premières pluies, sans resemis. Les gestes qui y mènent ne coûtent rien. Ils se posent au printemps, pendant que l’herbe pousse encore.
Lire le niveau de restriction de sa commune
L’arrêté est préfectoral. La mairie ne l’écrit pas, la métropole non plus, et la préfecture des Alpes-Maritimes ne couvre pas le Var côtier : Fréjus, Sainte-Maxime et Saint-Tropez relèvent d’un autre texte que Menton, Nice, Antibes ou Grasse. Le partage des compétences entre les échelons est détaillé dans qui décide de quoi dans les Alpes-Maritimes.
À l’intérieur du département, le découpage suit les bassins versants : Siagne amont, Siagne aval, Loup, Brague, Paillons, Cagne, Var, Roya. Deux communes limitrophes peuvent se retrouver à deux niveaux différents, et une seule des deux interdire l’arrosage de nuit. Ce que fait le voisin ne prouve donc rien.
Le portail VigiEau, service de l’État, rend le niveau en vigueur et la liste des usages concernés à partir d’une adresse. Une commune ne suffit pas toujours à trancher, un numéro de rue si.
Ce que chaque niveau permet sur un gazon d’agrément
| Niveau | Pelouse et massifs d’agrément | Potager | Autres usages du particulier |
|---|---|---|---|
| Vigilance | arrosage libre | arrosage libre | appel à la sobriété, sans interdiction |
| Alerte | interdit de 8 heures à 20 heures | interdit de 8 heures à 20 heures | lavage des véhicules à domicile et remplissage des piscines interdits |
| Alerte renforcée | interdit de jour comme de nuit | interdit de 8 heures à 20 heures | mêmes interdictions, douches de plage fermées |
| Crise | interdit de jour comme de nuit | interdit de jour comme de nuit, sauf exceptions | eau réservée aux usages prioritaires |
Quatre niveaux existent, repris du cadre national fixé en 2021. La vigilance n’interdit rien. Elle appelle à la sobriété, et s’arrête là. Les golfs relèvent d’un régime à part dès l’alerte renforcée, avec une réduction de 60 % des volumes et un arrosage nocturne seulement.
Le mot qui compte dans l’arrêté est « espaces verts ». Une pelouse d’agrément en fait partie, et tombe donc avec le premier train de mesures, alors que le potager garde son créneau un cran plus longtemps. Les mêmes seuils emportent d’autres usages domestiques : lavage des véhicules à domicile, remplissage des piscines privées. Ni l’un ni l’autre n’attend la crise.
Les contrôles relèvent de la police de l’eau et de l’Office français de la biodiversité. Le manquement le plus banal reste l’arrosage automatique resté programmé sur un secteur passé en alerte renforcée. C’est aussi le plus facile à constater depuis la voie publique.
Monter la hauteur de coupe, et tondre plus souvent
Une herbe coupée à 3 centimètres livre son sol au soleil de midi. La même à 7 ou 8 centimètres l’ombre elle-même, garde la terre fraîche et pousse ses racines plus bas. La hauteur se remonte cran par cran au printemps. Jamais d’un coup, jamais en pleine chaleur.
Vient ensuite la règle du tiers : on ne retire pas plus du tiers de la hauteur en un passage. Tenir 8 centimètres oblige donc à tondre quand l’herbe en atteint 12, soit des passages plus rapprochés et non plus rares. C’est contre-intuitif pour qui tond le dimanche, laisse filer dix jours et rase tout d’un coup pour n’y plus revenir avant la quinzaine suivante ; c’est pourtant ce qui décide du reste.
Le mulching en dépend directement. La lame hache l’herbe coupée et la laisse au sol, où elle forme un paillis qui freine l’évaporation et rend de l’azote. Un hachis n’étouffe le gazon que lorsqu’on tond trop tard, avec trop de matière d’un coup. Les prélèvements quotidiens de quelques millimètres sont le régime de travail des tondeuses robots, qui ne ramassent rien par construction ; les robots tondeuses Gardena se départagent sur la surface couverte et la pente admissible, deux critères qui tranchent vite quand le terrain est en restanques.
Une pelouse déjà jaunie ne se tond plus. La coupe rouvrirait des plaies sur une plante à l’arrêt.
Laisser le gazon jaunir sans le croire mort
Fétuques, ray-grass et pâturin entrent en dormance quand la température du sol dépasse 28 à 30 degrés plusieurs jours de suite. La plante sacrifie sa partie aérienne, qui prend la couleur de la paille, et concentre ses réserves dans les couronnes et les racines. Un gazon installé tient quatre à six semaines de ce régime sans dégât durable.
Pendant ce temps, on s’abstient : pas d’engrais, pas de scarification, pas de désherbant, et le moins de piétinement possible. Une couronne déshydratée se casse sous le pied alors qu’elle aurait repris. Le reste vient tout seul. Nice reçoit moins de 30 millimètres de pluie en juillet et plus de 110 en octobre.
Pour savoir si une plaque jaune dort ou si elle est morte, on tire sur une touffe. Elle résiste et le collet reste souple à la base : la couronne est vivante. Elle vient sans effort, collet sec et brun : ce carré-là se ressèmera à l’automne.
Quand la pelouse cesse d’être le bon choix
Deux étés de suite avec des plaques mortes au même endroit disent que l’espèce semée n’est pas la bonne. Le semis se refait en septembre ou en octobre, avec les pluies, parce qu’un gazon semé au printemps sur la côte n’a pas le temps d’enraciner avant que la chaleur s’installe et le cuise.
La fétuque élevée descend chercher l’eau plus bas que le ray-grass anglais et se tond entre 4 et 6 centimètres. Les ray-grass à endophytes résistent mieux aux insectes du sol qui achèvent un gazon affaibli. Le kikuyu et le zoysia, gazons de type chaud, restent verts en plein août et passent à la paille tout l’hiver ; le compromis s’inverse, il ne disparaît pas.
Sur un terrain qui ne recevra jamais d’eau, on sort du gazon. Le dichondra, la lippia nodiflora et l’achillée crithmifolia forment des tapis qui se marchent et se tondent rarement. Un gravier planté d’aromatiques ou une restanque replantée demandent encore moins, et ne tombent sous aucun niveau de restriction.