Plage publique captée par l’émir ? Nous écrivons aux ministres

Après des années de procédures pour un sentier littoral sous la villa du roi Fahd à Golfe-Juan (gagné au Conseil d’Etat), après l’affaire du Château Robert (détournement de biens publics, recels aggravés, etc. ; enquête préalable en cours) et bien d’autres péripéties judiciaires, les habitants de Vallauris Golfe-Juan attendent que le droit français soit scrupuleusement respecté.

Pourtant, samedi 11 juillet, j’ai dû informer la ville et la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) des travaux irréguliers entrepris plage de La Mirandole, sous le palais de la famille royale saoudienne. Point de départ d’un cas d’école qui fera la une des médias nationaux quelques jours plus tard…

Suite au signalement de cette dalle de béton réalisée sans autorisation sur la plage, puis à ma seconde alerte (ce matin) concernant cette fois-ci l’édification par la famille royale saoudienne d’un portail interdisant l’accès à cette plage publique, la police nationale et la DDTM se sont rendus sur les lieux ce mercredi, ont stoppé en urgence les travaux, et ont entendu le chef de chantier.

Les habitants qui ont lancé l’alerte, moi-même qui ai saisi les services compétents, la majorité municipale qui a réagi, les services de l’Etat de la DDTM qui sont intervenus rapidement, la police nationale qui a procédé, la presse locale qui a médiatisé l’affaire : tous, nous avons travaillé efficacement à la chaîne vertueuse de la démocratie.

Ainsi, la dépêche AFP qui tombe quelques heures plus tard surprend et choque : le sous-préfet de Grasse, Philippe Castanet, déclare « La plage publique devrait être totalement interdite au public le temps du séjour de la famille royale. Il reste à déterminer comment la sécurité aux alentours de la villa sera assurée, par des vigiles privés ou des policiers, des grillages ou non »

Pardon ??

L’Etat français compterait privatiser un espace naturel, une plage publique de la Côte d’Azur, au seul bénéfice du roi Fahd ? Puis la grillager et mettre des gardiens en armes ou, pire, dépenser de l’argent public en affectant des fonctionnaires de police à éloigner les promeneurs qui s’approcheraient de cette plage publique ?

L’Etat français n’aurait pas pris la peine d’en informer ses propres services de la DDTM, ni le maire de la de ville concernée ?

L’Etat français envisagerait de se ridiculiser en s’asseyant sur la loi Littoral dont il défend avec fermeté l’application légitime, notamment sur la Côte d’Azur concernant les plages privées ?

L’Etat se ficherait-il du point de vue des habitants de Vallauris Golfe-Juan, ressortissants français ou étrangers, qui estiment à juste titre avoir le droit de profiter des biens communs ?

Nous pensons que l’Etat doit reconsidérer sa position : elle crée un dangereux précédent et sape un fondement de notre démocratie, l’égalité de traitement des citoyens face à la loi.

J’ai donc écrit au sous-préfet et aux ministres de l’environnement et des affaires étrangères, en insistant sur la vive réaction des citoyens et des médias. La famille Fahd voulait être tranquille lors de son séjour ? Elle est en train d’obtenir l’effet inverse !

J’ai également proposé à Mme Salucki, maire de Vallauris Golfe-Juan, de nous rencontrer afin que les élus de toutes tendances puissent agir de conserve afin de travailler au maintien de l’accessibilité publique de la plage de La Mirandole.

Nous vous communiquerons prochainement les actions que nous mènerons en ce sens.

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